Quand le verbe cueillir est frère de semer
Quand le verbe espérer est proche de s’aimer
Rien ne se prend, qui ne se donne .
Rien ne se donne, qui ne s'accueille...
Personne n’a rien à offrir si ce n’est que lui-même
Mais on récolte toujours ce que l’on s’aime
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A offrir nous n'avons que des gestes et des mots
...
Des bouts de peau et du langage...
Un souffle et des regards...
Et parfois dans ce que nous offrons,
Il y a des mots qui disent si bien le doute, que l'on a envie d'y croire.
Il y a des hésitations qui disent si bien le vide,
que l'on accepte d'y chuter.
Des mots qui deviennent tout à la fois :
Nos rêves et nos défaites,
Nos silences et nos chants,
Nos souffles et nos tempêtes,
Nos ombres sous le vent.

Des mots pareils à des cintres,
Qui soutiennent la mémoire des cœurs ,
Telle une apparition ou bien une évidence
Comme le temps qui suit la beauté d'un silence
Rien n'existe et pourtant,
Tout est là ...
Mes yeux tâtent le pouls de la page...
J’aime à sonder ses silences et les multiples interprétations que je prête à ses maux.
Je n’en garderai qu’une,
Celle qui me chuchotera l’évidence,
Celle qui me murmurera que même sous les tristesses, les vies dansent.
Celle qui frôlera le geste dans l’intention de dire l’après,
de conter la suite, de décrire la chute vertigineuse dans l’encore de l’autre
C’est toujours émouvant de lire et de savoir
Ceux qui s'aiment déjà, bien avant de se voir
Je me fonds dans un des corps :
Le sien.
Son univers, son décors, son antre,
au ventre du mot
Et je prends le parti d’en vivre et d’en rêver :
J’y accroche dessus ces lumineux dimanches,
Ceux qui disaient si bien, ceux qui parlaient d'absence
Ceux dont la tendre ardeur, l'exquise déférence
Dessinaient des printemps sur une robe blanche
Rien n'existe...
pas même l'immobile d'un temps que l'on défroisse pour rattraper celui perdu.
Rien n'existe...
Et pourtant partout où ce Rien se pose, un albatros s'envole,
flotte et prolonge l'instant,
Dans un opéra de mouvement sans autre attente que l'à venir...
Un albatros un goéland ou un petit prince qui sait ..
Telle une apparition ou bien une évidence,
Comme le temps qui suit la beauté d'un silence
D’un souffle retenu, juste le temps d'oser
Qui lui dira, je sais, murmurer un baiser
Rien n'existe et pourtant...
Tout est là ...
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Le souvenir c’est ça,
Une opulence pour l’après
Longtemps après l'amour les chagrins ou les joies l'Histoire se raconte encore ...
Elle vibre en nous et nous ordonne de rester vivant.
Elle pourvoit à garder intacts ces instants mobiles ...
Fugaces clichés, instantanés de vie, à graver dans le marbre,
L’âme chagrine, peine, aime…
Mais, surtout, elle vit ...
Elle se souvient et nous rappelle de ne pas oublier..
Se souvenir c'est aimer et aimer c'est fuir l’oubli..
Les regrets fugaces s'envolent,
mêlant et emmêlant peines et joies pour se fondre dans un doux souvenir.
Oublier c'est franchir la porte de la mort,
La toute première mort, avant la vraie, avant la définitive ...
Vivre et se souvenir c'est emprunter les images au passé pour démystifier l'avenir,
c'est marcher sur ce fil en équilibre mais ne pas sombrer dans l'oubli,
dans la mort...
Le rêve soupire et le cœur bat de ce qui fut et reste impérissable ...
Alors tout recommence ...
N’être au monde que pour naître et rena ître à nouveau
Recommencer c'est simplement continuer à la lumière de ce qui a été .
Se souvenir c'est dire au revoir mais pas Adieu...
C’est vouloir ne jamais dire Adieu ...
C’est se jouer du bégaiement du temps pour raviver la flamme jusqu'à la dernière étincelle.
Alors oui
Se souvenir c’est ça…
Une opulence pour l’après...
Dans quel âge antérieur fûmes-nous toi et moi,
Fidèles à nos mémoires qui ont su oublier
Et qui laissent briller tout ce qui ne fut pas,
Pour doucement rêver ce qui n'a pas été ...
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